lourches 1914 1918 eclaireur

Face à l'avancée des Canadiens et des Britanniques libérant une à une les villes de l'Ostrevant, l'armée allemande organise la destruction méthodique de tous les puits de mines du Denaisis en octobre 1918. Il faut attendre 1923 pour que les premières fosses puissent relancer leurs activités...

La destruction systématique des puits de mines.

Dès les premiers jours de septembre 1918, sur ordre du grand quartier général, l'occupant allemand entreprend l'évacuation de milliers de civils des zones menacées par l’offensive alliée. En octobre 1918, une destruction méthodique des sites industriels et en particulier miniers est organisée. Les chevalements, les machines d'extraction, les salles des compresseurs ou encore les parcs à bois, tout est dynamité, détruit, brulé...

1914 1918 DENAIN

Quelques dates (*) :

- Le 2 septembre 1918, l'avis d'évacuation de Douai est lancé par l'armée Allemande. Près de 14.000 personnes quittent la ville les 3 et 4 septembre. Après des jours de marche sur les routes encombrées, elles parviennent pour la plupart  jusqu'à Mons en Belgique. Bien d'autres communes du douaisis sont également vidées de leurs habitants. Le 5 Septembre 1918, les allemands ordonnent l'évacuation de Cambrai et des villes voisines. Leurs habitants fuient vers Bouchain, Denain et Valenciennes, puis là encore vers la Belgique. Les évacuations concernent également Aniche, Condé, Fresnes Denain, Anzin ou encore Bruay sur l'Escaut. Les villes ainsi vidées de leur population sont systématiquement pillées par les allemands.

- Le 20 septembre, M.Lemay, directeur de la Compagnie des Mines d'Aniche, est informé de la décision de l'armée allemande de détruire systématiquement tous les puits de mine. Il intervient auprès du commandant de la Deutsche Grubenverwaltung (DGV) pour alerter des graves conséquences du dynamitage des cuvelages. Il est entendu : les allemands sur les concessions d'Aniche et d'Anzin ne vont pas cibler les cuvelages, mais les chevalements et les machines d'extraction.

- La Compagnie des Mines d'Aniche reçoit l'ordre de cesser l'exploitation de ses fosses le 29 septembre 1918 ( sauf pour la fosse Lemay-Pecquencourt et Somain de Sessevalle). Les chevaux sont remontés .

- L’évacuation de la population minière s'organise. Trois trains partent de Sin-le-noble le 30 septembre 1918. D'autres trains partent de Dechy et de Guesnain le 1e octobre 1918. Des trains et des bateaux (des péniches sur la Scarpe) sont mobilisés à Waziers.

- Le 1e octobre, les préparations de dynamitage des bâtiments d'extractions et clichages des fosses de la Compagnie d'Aniche commencent. Entre temps, les courroies, bronze et cuivre des salles des machines sont démontés et emportées.  Les parc à bois sont brulés;  les voies de chemins de fer, les aiguillages sont arrachés.

- Les deux dernières fosses de la Compagnie des Mines d'Aniche arrêtent le 2 octobre 1918. Les jours suivants, l'ordre d’arrêt d'activités s'étend aux Compagnies des Mines d'Anzin, de Douchy (Lourches) et de Vicoigne (Raismes)

- Le 3 octobre 1918 les mineurs d'Aniche et d'Auberchicourt doivent se rendre à la gare des mines d'Abscon (gérée par la Compagnie des mines d'Anzin). Le transports des bagages s'effectuent en chariots tirés par les chevaux remontés du fond.

- Le 4 octobre 1918, un train est formé à la fosse Vuillemin (Masny) pour emporter les mineurs de Lewarde, Masny, Loffre, Montigny et Ecaillon. Ce même jour, la Compagnie des Mines d'Anzin cesse ses activités, les chevaux sont remontés.  La gare de Valenciennes est dynamitée par les Allemands. Les trains partent d'Abscon avec les mineurs de la compagnie d'Aniche et de ceux d'Anzin, Direction la ville de Liège en Belgique.

lourches 1914 1918 eclaireur

- le 5 octobre quasi plus aucune fosse n'est en activité jusqu'à l'Escaut

- les 6, 7 et 8 octobre : les mineurs de De Sessevalle et de la fosse Vuillemin (Pecquecourt ) partent par Marchiennes. De toutes les concessions minières du Valenciennois, les mineurs doivent partir. L'enjeu pour les Allemands est que les mineurs puissent continuer l'exploitation des mines à l'arrière, en Belgique.

- Les destructions systématiques des chevalements, des salles des machines, chaudières, triages, cheminées, lavoirs, four à coke, les parc à bois des fosses des Compagnies de l'Escarpelle, d'Aniche et d'Anzin se poursuivent jusqu'au 16 octobre 1918.  Les équipements de pompage des eaux et d'aérage ne fonctionnement plus. Le réseau des chemins de fer de la Compagnie des Mines d'Anzin (Somain-Peruwlez) est totalement démantelé. les ponts et les carrefours routiers sont également dynamités. Au delà des sites miniers, toutes les usines (métallurgie, sidérurgie...) du Valenciennois sont anéanties.

(*) Sources : Thomas Pierre. Tranchées et Bowettes. Éditions la Voix du Nord. 1998 ; La grande guerre dans le Nord-Pas de Calais. 1914-19178. Yves Le Maner. Éditions La Voix du Nord. 2014 ; Archives personnelles.


Les terrils au cœur des combats (*)

A partir du 17 octobre, les 1e et 4e division canadiennes se lancent dans la libération de l'Ostrevant. Elles vont se heurter à la résistance de l'armée allemande parfois retranchées dans les fosses. Sur les terrils, des mitrailleuses sont souvent postées : les terrils sont des points stratégiques soit défensifs, soit offensifs. Ils sont la cibles de l'artillerie canadienne ou britannique, qui cherchent à y débusquer les guetteurs ou les mitrailleuses. les allemands quittent le bassin minier de l'Ostrevant les 5, 6 et 7 Novembre 1918. Le 8 Novembre, tout le Bassin Minier du Nord-Pas de calais est libéré...

© Francis Dudzinski-Ozdoba. Historien & Écrivain. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..


Vos commentaires sur Facebook Extraits de vos commentaires sur Facebook :

- Chantal Mouque Monchicourt:  plus jamais ça!!! (quoique nous l'avons refait en 1939). Mais plus jamais ça aujourd'hui. aimons nous les uns les autres.

Pour me contacter, m'adresser une information, un document, acheter mon livre,etc... : cliquez ici.