La Compagnie des Mines d’Anzin est, dans le Nord, pionnière dans le domaine ferroviaire. Elle ouvre une première ligne de chemin de fer le 18 octobre 1838. Ce "train des Mines" relie alors Saint-Waast la Haut, à Denain. En parallèle, elle ouvre un atelier de fabrication de locomotives et fait produire des centaines de kilomètres de rails aux industries métallurgiques et sidérurgiques alors naissantes.


Cette voie de chemin de fer n’est pas la première en France, mais elle l’est dans le Nord

S’inspirant du réseau anglais de chemin de fer et des locomotives à vapeur y circulant déjà depuis 1811, Paul Castiau, Directeur des travaux du jour à la Compagnie d’Anzin, élabore en 1833 un projet de ligne ferroviaire privée. Il fait construire 4 locomotives aux Ateliers Centraux d’Anzin et en acquiert deux aux usines anglaises Stephenson de Newcastle, explique le spécialiste du sujet, Gabriel Grépier.

Le 24 octobre 1835, par une ordonnance royale, la compagnie d’Anzin obtient l’autorisation de déployer son réseau.

Après trois ans de travaux, il est inauguré le 18 octobre 1838. Cette voie de chemin de fer n’est pas la première en France, mais elle l’est dans le Nord. Le premier réseau de la Compagnie d’Anzin part de Saint-Waast la Haut, jusqu’à Denain. Il s’étend régulièrement pour atteindre Escaudain et Abscon, en 1839, Anzin Mines en janvier 1842 et Somain en juin 1848.

1828 train11

Extrait de L'Echo de la frontière. Juillet 1838

Le long de cette voie, 15 gares (que l’on dénomme station, ou parfois embarcadère) sont construites. L’un des objectifs de la Compagnie d’Anzin est  de connecter ses fosses du secteur pour transporter le charbon (18 le sont en 1856) notamment jusqu’au Rivage (port fluvial) de Denain en traversant l’actuelle rue de Villars.

En 1839, la ligne ouvre un embranchement avec l’usine de la société des forges et hauts fourneaux de Denain. En 1840, note Gabriel Grépier, il est transporté 167.069 passagers et 30.756 tonnes de marchandises. En 1893, les chiffres sont impressionnants : 816.795 passagers et 3.770.969 tonnes de marchandises. La vocation industrielle de la ligne se confirme.

Cette ligne s'étend vers Vieux-Condé en mai 1873 et passe la frontière pour atteindre la ville belge de Péruwelz (1874). On parle alors de la ligne  ferroviaire Somain-Peruwelz.

En 1882 est aménagé un dépôt ferroviaire à proximité de la gare des Mines (actif jusqu’en 1977) : c’est là que se trouve aujourd’hui le siège du Cercle d’Études Ferroviaires Nord (CEF Nord).

C’est en 1935, que le trafic marchandise atteint son seuil le plus élevé : 8.200.000 tonnes.

Notons que c’est exactement cette ligne qu’emprunte l’actuel tramway reliant Denain à Valenciennes (ouvert en 2007).

Le trafic voyageurs sur cette ligne Somain-Peruwelz est interrompu le 16 avril 1963. Le trafic marchandises est progressivement arrêté de 1973 à 1989 suivant ainsi la fermeture des puits de mines (la fosse Arenberg, à Wallers, cesse son activité le 31 mars 1989). Les déclassements de sections de ligne s'opèrent du 14 septembre 1989 au 13 décembre 1990.

Locomotive compound du chemin de fer du Nord

La Compagnie des Mines d’Anzin n’est pas la seule à investir dans le ferroviaire.

La Compagnie des Chemins de fer du Nord (CCFN, créée entre autres par le très actif banquier Baron de Rothschild ouvre plusieurs lignes : Paris-Lille-Valenciennes et Douai-Valenciennes en 1846, puis, en 1858, la ligne Busigny/Le Cateau-Lourches-Somain. Cette dernière génère l’ouverture de gares à Lourches et Bouchain ville basse).

Ainsi, nait à Lourches, un nœud ferroviaire important dans le denaisis. Profitant de cet équipement, la compagnie des Mines de Douchy relie ses fosses de Lourches par un réseau ferré privé et le connecte à la gare de Lourches. En 1898, elle possède alors 4 locomotives et 211 wagons de 10 tonnes.

Cette Compagnie des Chemins de fer du Nord a un impact direct sur la sidérurgie de Denain-Anzin : en 1872, elle passe commande de 80 000 tonnes de rails.(...). Retrouvez l'intégralité de ce texte dans le chapitre 5 du livre : "Denain et le Denaisis :  Histoire d'un bassin industriel" (pages 87 à 113) : "fluvial et ferroviaire au service de l'industrie".


lire aussi : Où acheter le livre "Denain. Histoire d'un bassin industriel". De 1820 à nos jours ?


Dudzinski150© Francis Dudzinski-Ozdoba. Historien & Journaliste.

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Mes articles sont régulièrement mis à jour. Sources : Archives personnelles,  mes travaux de recherches aux Archives (archives municipales, ADN, CHM, AMT...), mes notes de lectures(*), mon livre "Denain et le Denaisis : Histoire d'un Bassin Industriel".

(*) Voir Bibliographie.