usinor denain001 USINOR DENAIN 40 ANS. C'est le  mardi 12 décembre 1978 qu'est annoncé la suppression de 5.000 emplois sur le site d'Usinor-Denain. Un véritable tsunami industriel et social s'abat sur tout le Denaisis, et au delà, le Valenciennois. Ce vaste cataclysme se prolonge jusqu'au 28 mars 1985, jour du laminage de la dernière bobine de tôle sur le train à bande. C'est alors la fin d'Usinor Denain, la fin d'une vaste épopée sidérurgique qui a pris naissance en 1834

 

Usinor Denain  40 ans : 10 dates avant la fin...

- 12 Décembre 1978 : annonce de l'arrêt de la production de fonte et d'acier sur le site d'Usinor-Denain. Suppression de 5.000 emplois prévue dès 1979 (l'arrêt des hauts-fourneaux et de l'aciérie est programmée pour le 22 juillet 1979).

- 20 décembre 1978 : à l'appel des organisations syndicales, 10.000 personnes manifestent à Valenciennes.  22 décembre 1978 : Une manifestation rassemble 25.000 personnes à Denain. Du jamais vu !

- 1979 : Le site d'Usinor Denain compte 6.560 salariés (contre 9.530 en 1960 et 8.515 salariés en 1970)

- 16 Janvier 1979, le Premier Ministre, Raymond Barre annonce la création, par le groupe Peugeot-Citroen, d'une usine d'assemblage de boites de vitesse sur le site de Valenciennes (avec la perspective de création, à terme, de 2.500 emplois).

- Le 5 mars 1979, le Premier Ministre confirme l'intégralité du plan social et industriel annoncé le 12 décembre dernier. Les manifestations des sidérurgistes se multiplient. Les 7, 8 et 9 Mars 1979, c'est "l’émeute à Denain" : de violents affrontements opposent les sidérurgistes aux forces de l'ordre amassées près du commissariat.

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- 1980 : le 27 juillet, arrêt de la production du haut-fourneau N°3 et de l'aciérie LD. Inexorablement, le plan social se déploie : 4.995 emplois sont déjà supprimés (par départ avec une prime de 50.000 F, mesure d'âge pour les plus de 50 ans, mutation au sein du groupe...). Au 1e septembre, il ne reste que 1.325 salariés sur le site. Le train à bandes est alimenté par les brames fournies par Usinor Dunkerque et Isbergues.

- 1982 : annonce de l'arrêt du train continu à bandes

- 30 mars 1984 : destruction du HF N° 3. Le 10 juillet 1984, destruction du HF N°5

- 28 mars 1985 , sortie de la dernière bobine de tôle du train à bande de Denain. Fin de l'activité d'Usinor Denain.

- 31 décembre 1986 : fin de l'activité du train à poutrelles à Usinor Trith Saint Léger.

A suivre...

Sources : Cattiaux Guy. Denain. Des hommes d'acier. Une région à sauver. Éditions Guy Cattiaux. 1980; Denoyelle Robert. les feux éteints.  Éditions Guy Cattiaux. 1988

couv2Dudzinski Francis. Denain. Histoire d'un bassin industriel.

Éditions Sutton. 2018.

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Quelques commentaires issus de ma page Facebook :

- Mauricette Delbassé C'est tout un pan de ma vie. C'est mon père qui a mis tout son cœur, sa passion pour soin fourneau dont il était contremaître. C'est celui qui allait devenir mon mari, qui s'est battu en espérant la non fermeture de Notre usine. C'est moi qui ai lancé une grosse pierre pas loin des forces de l'ordre. C'était ma fierté, enfant, mon bonheur de passer devant, a vélo. C'est devenu notre déménagement à Dunkerque, lors de sa fermeture...... nous étions devenus des pestiférés. ..... c'est Mon coin qu'on m'a obligé à quitter.... et, depuis plus de 35 ans, j'ai mal à mon cœur d'être une expatriée.

- Jean Dremierre Qu'il était beau de voir le ciel nocturne rougeoyant au dessus des hauts-fourneaux, montrant que le travail ne faisait peur à personne et que la richesse de la région continuait à augmenter. Notre avarice paysanne nous a fait préférer égoïstement les produits - certes moins chers - de ces pays étrangers fabriqués où les ouvriers ont été maintenus à un salaire de misère grâce à nos achats égoïstes.

- Colette Koscielski Mon grand-père, mon père, mon beau-père, mes cousins y travaillaient..

- Frédéric Cotton un cataclysme dans notre ville

- Christophe Deghaye : 3 générations dans ma famille ont travaillé à Usinor Denain... ça laisse des traces !

- Helene Sikora :  Bonjour ! Je suis née a Escaudain et connu toutes ces années Usinor et de sa destruction ! J avais cette vue de ma maison toute mon enfance Nostalgie ! )

- Muri Elle : Et aussi la remise des prix dans les années 65 pour les élèves de l’école des forges

- Fabienne Karcz-Petyt Quel gâchis humain !

- Bernard Lamirand J'étais là et je peux dire que ce fut un moment douloureux pour des milliers de siderurgistes de Denain et leur colère et leur lutte mérite notre respect.

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