werthDans cette longue histoire de la sidérurgie du Denaisis-Valenciennois, il y place pour quelques personnages hors normes. Jean Werth et Armand Résimont sont de ceux-là. Ce ne sont pas de simples « maitres des forges » au sens classique du terme en cette fin du XIXe siècle et début du XXe siècle : ils ne sont ni présidents, ni vice-présidents du conseil d’administration de leur usine : les Forges et Hauts fourneaux de Denain-Anzin, pour l’un, ou les Forges et Aciéries du Nord et de l’Est pour l’autre. Ce sont plutôt des opérationnels, des ingénieurs-directeurs d’usines.


Deux ingénieurs

Armand Résimont, né en 1847, est ingénieur, diplômé de l’Ecole des Arts et manufactures de Liège en Belgique. Sa carrière débute, en 1873, aux aciéries Bessemer de Cockerill. Le 15 juin 1881, il est appelé à Trith-Saint-Léger pour monter l’aciérie Thomas. Très vite, il est promu directeur de l’usine, poste qu’il occupe jusqu’à son décès en 1917.

Né en 1855, Jean Werth est lui aussi ingénieur, diplômé de l’École centrale des Arts et Manufactures de Paris, en 1876. Il intègre l’usine métallurgique du Creusot, puis celles de Fourchambault et Imphy, près de Nevers, avant de prendre la direction des Forges et Hauts fourneaux de Denain-Anzin en 1896.

Comme Résimont, Werth va assurer un passage technologique majeur : celui de l’aciérie Bessemer à Thomas. Jean Werth décède en 1928, à Denain.

Tous les deux vont être douloureusement et personnellement marqués par la guerre 1914-1918, l'occupation puis la destruction de leurs usines.

werth

Armand Résimont et Jean Werth.

Au-delà de leurs incontestables qualités d’ingénieurs et directeurs d’usine, Armand Résimont et Jean Werth, paternalistes, déploient, chacun dans leur territoire, le même attachement aux « œuvres sociales » et à la religion catholique.

Églises des Forges

L’un et l’autre vont conduire le développement et la création de cités pour loger les ouvriers (le Poirier, à Trith, Cités Bessemer, Martin, Couade et autres à Denain), d’une multitude de sociétés réservées aux salariés (culturelles, sportives, de loisirs...), des harmonies des forges (1887 et 1907). Tous deux vont fortement mobiliser les fonds de leur entreprise pour financer la construction de salle des fêtes, de salle de gymnastique, coopératives, de stade...


Lire aussi :

la naissance de l'usine qui deviendra Usinor Denain.

Une exposition sur l'histoire d'Usinor Denain.


Armand Résimont va soutenir très activement la construction de l’église Saint Eloi (1902) à Trith et Jean Werth, celle de l’église du Sacré-Cœur à Denain (1906). Éléments hautement symboliques : à Trith-Saint-Léger, c’est la sœur d’Armand Résimont, prénommée Amélie, qui est la marraine de la cloche de l’église. A Denain, la cloche, baptisée le 17 aout 1920 sous le nom de « Victoire Jeanne Marcelle » a pour parrain Jean Werth.

Dudzinski150© Francis Dudzinski-Ozdoba.

Passeur d'Histoire. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Retrouvez de plus amples informations dans mon livre "Denain et le Denaisis. Histoire d'un Bassin Industriel". Éditions Sutton.