L'éclairage public à l’électricité arrive à Escaudain et Marquette-en-Ostrevant ; les Polonais à Somain De Sessevalle ; la chorale "La Cécilienne" à Abscon ; les hauts fourneaux à Escaudain ; André Lebon ; Cité Victoire et Cité de l'Opéra etc...


(petite) sélection d'évènements illustrant l'année 1926 en Ostrevant/Ostrevent(1) durant la période d'Entre-deux-guerres (1918-1939).

- Abscon :

  • En Mai, la chorale "la Cécilienne" reçoit le 1e prix au concours internationale des chorales qui s'est déroulé au Havre. Cette chorale est classée en 2e division, 2e section.
  • Le 2 juin 1926, Emmanuel Lanthiez est nommé vice-président de la Société des Agriculteurs du Nord.

- Escaudain :

  • Les principales rues de la ville commencent à bénéficier d'un éclairage public à l'électricité.
  • Entre les années 1921 et 1926, La Compagnie des Mines d'Anzin fait construire  plusieurs cités :
    • Cité Victoire (78 logements), face à la fosse Audiffret-Pasquier. Conséquence : les rues portent des noms en lien avec la guerre 1914-1918. Deux exemples  : rue des Eparges (la bataille des Eparges, au Sud-Est de Verdun, essentiellement en 1915), rue du Chemin des Dames (lieu de batailles entre 1914 et 1917, dans l'Aisne entre Laon et Soissons).
    • Cité de l'Opéra (59 logements). Lire l'article : la Cité et le Camp de l'Opéra.
    • Cité du Maroc (179 logements)
    • Cité Cuvette (31 logements)
    • Cité Marcilly (28 logements)
    • Cité Alsace (21 logements)
  • Naissance d'André Lebon le 16 juillet 1926. Inspecteur des impôts de profession, André Lebon se passionne pour l'histoire de sa ville et, au delà, des Mines (notamment de Jules Mousseron) et de l'Ostrevant. Lire l'article : André Lebon, historien d'Escaudain et de l'Ostrevant.

- Haveluy

  • Construction de la Mairie d'Haveluy

- Lourches :

  • Entre 1921 et 1926, la Compagnie des Mines de Douchy (dont le siège administratif est à Lourches) fait construire la Cité Schneider sur un territoire couvrant Escaudain et Lourches (206 logements). Lire l'article : la cité minière polonaise Paul Schneider.
  • Mise en service de la centrale de production d'électricité par la Société d’Électricité de la région de Valenciennes-Anzin.

- Marquette-en-Ostrevant :

  •  Comme à Escaudain, l'éclairage public à l'électricité est peu à peu déployé dans la ville, plus précisément, dans les rues principales autour de l'église et la mairie.

- Polonais du Nord :

  • Suite au recrutement massif d'une main d’œuvre polonaise (directement depuis Pologne ou depuis les territoires allemands de Westphalie) par les Compagnies minières françaises, une vie associative spécifique poursuit son développement. En voici quelques exemples :
    • Musique : Création à Douai, d'une Union des Sociétés musicales (Zwiazek Towarzystw Muzycznych)
    • Mandoline : création, dans le quartier minier de De Sessevalle, à Somain, du club de mandolinistes polonais Wędrownych ptaków (oiseau voyageur) dirigé notamment par Alois Bolik et Albert Stawicki.
  • Sur le plan démographique et économique, d'importants bouleversements apparaissent :
    • Population : L'exemple d'Escaudain est significatif. La population de cette ville double quasiment en 5 ans et ce, avec l'arrivée des Polonais. Concrètement Escaudain passe de 5.443 habitants en 1921 à 10.101 habitants en 1926, cela fait 4.658 nouveaux habitants en cinq ans. Sur ce total de nouveaux habitants en cette année 1926, 84% sont des Polonais et Polonaises(2), soit 3.912 habitants.  Ainsi, près de 39% de la population totale d'Escaudain est polonaise.
    • Ces polonais d'Escaudain travaillent dans les Mines :  Sur les 2.432 salariés des Mines (travaillant dans les fosses de la Compagne des Mines d'Anzin ou de la Compagnie des Mines de Douchy) et habitant à Escaudain, 56% sont des étrangers dont 83% sont des Polonais(2). E.Destatte-Lebon*
    • La population d'origine polonaise représente 30% du total de l'effectif des mineurs de fond, à la Compagnie des Mines d'Anzin.

- Sidérurgie :

  • La reconstruction de l'usine sidérurgique des Forges et Hauts fourneaux de Denain-Anzin, après la destruction totale des usines opérées par l'armée allemande, s'accompagne d'une réorganisation du site de production. L'évènement majeur est  l'installation des hauts fourneaux à Escaudain, alors qu'à Denain demeurent concentrés les aciéries.
    • Ainsi, huit ans après la fin de la première guerre 1914-1918, le haut fourneau N° 1 est mis à feu le 19 juin 1926.  Le hauts fourneau N° 3 l'est le 3 juillet et le HF N°2 le 19 juillet. Cela permet la reprise d'activités de l'aciérie Thomas et des laminoirs associés. Deux fours Martin de 50 tonnes sont également mis en marche respectivement en mai et en novembre 1926. Rappelons qu'un premier four Martin de même capacité est actif depuis décembre 1925.

- Somain :

  • la société musicale La Symphonie des Cheminots  succède à l'Harmonie des cheminots. Direction musicale : Jules Deleforge. Lire l'article : fanfares et Harmonies en Ostrevant.
  • En solidarité avec un mineur à qui une diminution de salaire a été infligée, 507 mineurs de fond de la fosse de Somain de Sessevalle (de la Compagnie des Mines d'Aniche) se mettent en grève le 13 octobre 1926,

(1) Voir l'article : Doit-on écrire Ostrevant ou Ostrevent ?

(2) Les autres Escaudinois étrangers et salariés des Mines sont essentiellement des Africains du Nord (7%), des Belges (5%), des Italiens(3%) .

(3) Les actifs, c'est à dire ceux qui ont un emploi, sont des hommes, mais aussi des enfants et des femmes (dénommées les cafus, dans les Mines).

Dudzinski150© Francis Dudzinski-Ozdoba. Historien & Journaliste.

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Mes articles sont régulièrement mis à jour. Sources : Archives personnelles,  mes recherches aux Archives (archives municipales, ADN, CHM, AMT...), mes notes de lectures(*), mon livre "Denain et le Denaisis : Histoire d'un Bassin Industriel".

(*) Voir Bibliographie.