douchy archeologieLA VOIX DU NORD. Avant la construction du lotissement Les Prouettes, route d’Haspres, sur une superficie de 7 ha, Évelyne Gillet (INRAP) a réalisé une opération de diagnostic archéologique mettant en évidence la présence d’une carrière de pierres d’Avesnes-le-Sec, datée du haut Empire (Ier et IIème siècle après J-C), ainsi que des Des tombes gallo-romaines vieilles de deux millénaires

 

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02/12/2017 L’intérêt de cette découverte a amené les commissions territoriales de la recherche archéologique (CTRA) à prescrire une fouille préventive sur une superficie de 28 500 m². L’appel d’offres a été emporté par le service d’archéologie préventive de la communauté d’agglomération du Douaisis et placé sous la responsabilité de Damien Censier, archéologue.

L’aménageur a d’abord réalisé des sondages, afin d’être sûr qu’il n’y avait pas de cavités, ensuite l’opération de fouilles, commencée le 2 octobre, a permis d’explorer une carrière calcaire associée à des bâtiments d’exploitation de l’époque gallo-romaine, le tout circonscrit à l’époque par un simple fossé.

Lors de notre visite, Damien Censier, notre guide, avait invité David Poiron, un tailleur de pierres originaire d’Angers, afin qu’il puisse lui en dire plus au sujet de la technique utilisée à cette époque. Pour l’archéologue, une telle carrière n’avait jamais été observée dans la région. Deux sondages ont été effectués, ce qui a nécessité le déblaiement de 5 000 m3 de terre argileuse et de terre calcaire, déchets de l’exploitation.

Ils atteignent une profondeur variant de 5 m à 7 m. Les propriétaires de ces carrières à ciel ouvert devaient faire appel à une main-d’œuvre servile, sans doute d’origine locale. Afin de réduire les frais de transport au maximum, les pierres devaient être transportées par voie d’eau. Elles devaient sans doute être embarquées sur la Selle sur des radeaux ou des barges afin de rejoindre l’Escaut, pour être revendues tout au long du fleuve. Cette possible route commerciale semble être confirmée par la découverte de pièces réalisées avec cette pierre dans le sud des Pays-Bas.

Pour David Poiron, d’après les traces d’outils visibles sur certaines pierres, les esclaves devaient utiliser une sorte de barre à mine ou un pic cintré. Face au front de taille, il a aussi insisté sur le grand nombre de déchets. La qualité de cette pierre est assez médiocre, elle est tendre et elle absorbe facilement l’humidité. À l’époque romaine, les colonnes étaient ensuite taillées à la main par des esclaves expérimentés, ou sur une machine. La pierre était placée sur un axe, dans une caisse ajourée, on la faisait tourner et on plaçait un ciseau, ainsi n’importe qui pouvait l’utiliser.


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Des tombes gallo-romaines vieilles de deux millénaires mises au jour

Avant la construction du lotissement des Prouettes à Douchy-les-Mines, des fouilles préventives ont été menées. Elles ont permis de mettre au jour une ancienne carrière romaine ainsi que quatre tombes renfermant de nombreux objets funéraires.

lavoixdunord logoJérémy Lemaire. 22/06/2018. En découvrant, dans un champ, route d’Haspres, une ancienne carrière de pierre calcaire, les archéologues avaient déjà fait une jolie découverte. Un site de production de la fameuse pierre d’Avesnes-le-Sec, blanche et friable, qui a peut-être alimenté la construction de la cité romaine de Fanum Martis (Famars aujourd’hui) voire de celle de Cambrai.

Et là, « par hasard », reconnaît Damien Censier, du service archéologique de la communauté d’agglomération du Douaisis en charge du chantier de fouilles, à quelques mètres de la carrière, les scientifiques ont trouvé des escaliers menant à une grande porte en pierre… De l’autre côté, une tombe à hypogée, c’est-à-dire une salle creusée dans la pierre à l’intérieur de laquelle reposent les cendres d’un ou plusieurs (des analyses sont en cours pour le déterminer) défunts. Les restes y étaient déposés dans une urne ou un coffret funéraire avec des vases, des bijoux ainsi que les meilleurs morceaux du repas organisé en l’honneur de la personne décédée.

Au total, la terre douchynoise a ainsi rendu quatre tombeaux datant de la fin du Ier siècle après Jésus Christ. Imaginez la sensation pour les archéologues au moment de pénétrer dans des sépultures closes depuis près de deux millénaires. Jackpot ! « Deux d’entre elles étaient parfaitement conservées, dépeint Damien Censier, dans un milieu sans oxygène. C’est une belle émotion quand vous entrez. Ce sera la seule tombe (de cette période, NDLR) qu’on découvrira dans cet état de conservation. »

Une chaussure, des morceaux de bois du coffret funéraire ou encore ce miroir où l’on se reflète encore comme d’autres avant nous l’ont fait il y a plus de 1 900 ans. « Sur le coffret en bois, il y a tout un décor avec des rivets dotés d’anneaux, poursuit le responsable scientifique de l’opération. Une peau animale était posée dessus. Ces pièces-là d’habitude, on ne les retrouve jamais. » Cette tombe, assez richement garnie, devait être celle du propriétaire de la carrière.

Des analyses sont en cours et ces sépultures nerviennes (du nom du peuple gaulois installé là avant l’invasion romaine) n’ont pas encore révélé tous leurs secrets. Une présentation par les archéologues aux habitants de Douchy doit avoir lieu dans les prochains mois


Tombes romaines en 3D

Douchy tombes romaines photo université lille2018

UNIVERSITE LILLE. En découvrant il y a un an quatre tombes exceptionnellement conservées, des archéologues ont fait appel à une équipe de l’université pour les scanner en trois dimensions.

16.11.2018. À la Plaine Images à Tourcoing, l’Université de Lille dispose d’une plate-forme de recherche et d’innovation dans les environnements visuels numériques et interactifs (Irdive), qui est dotée d’équipements de très haut niveau. « Parmi ceux-ci, nous avons deux scanners en trois dimensions, explique Samuel Degrande, ingénieur de recherche au pôle de compétences interactions réalité virtuelle et images (Pirvi) du centre de recherche en informatique, signal et automatique de Lille (CRIStAL). Le premier est plutôt adapté aux objets de grande dimension, comme les façades de bâtiments. Mais le second convient bien au relevé de très petits détails, comme ceux que doivent visualiser les archéologues. » ...

Des archéologues de la CAD ont mis au jour une carrière de calcaire d’époque romaine, dans un champ près de Douchy-les-Mines, à une douzaine de kilomètres de Valenciennes. Par hasard, à quelques mètres de là, ils découvrent quelques volées de marche qui s’enfoncent dans la terre jusqu’à une porte en pierre quadrangulaire. Ils viennent en fait de mettre au jour des tombes gallo-romaines rares, restées inviolées. Creusées dans le calcaire, elles datent de la fin du Ier au début du IIe siècle apr. J.-C.

Mais il faut faire vite. D’abord parce qu’il s’agit d’archéologie préventive, celle qui intervient avant les engins de chantier : les archéologues ne disposent que de quelques semaines tout au plus avant de laisser la place aux travaux de construction de nouveaux logements. Les tombes, en outre, n’étaient pas prévues au programme, ce qui ne laisse plus beaucoup de temps, sans compter la neige et la pluie qui s’annoncent .

L’autre urgence tient au caractère assez exceptionnel de ces tombes, qui apparaît dès leur ouverture : certaines sont scellées hermétiquement, grâce à des limons qui se sont infiltrés peu après leur abandon. L’absence d’oxygène a ainsi permis de préserver de la matière organique, alors qu’elle disparaît en général de la plupart des sites archéologiques aussi anciens. Le bois qui entourait un miroir en bronze, des restes de vannerie, les morceaux d’une chaussure ou la sandale d’un enfant sont encore présents, tout comme le décor d’un coffre funéraire. ... lire la suite.

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