abscon sucrerie2En instaurant, en 1806, le blocus continental, Napoléon stoppe le commerce avec les anglais, et avec lui, le commerce de sucre de canne ou encore de café. Pour remplacer ce type de sucre, l’Empereur favorise la recherche de produits de substitution. Il faut attendre 1812 pour qu’un réel plan de soutien au sucre indigène issu de la betterave soit mis en place.

Par décret impérial, il est en effet décidé au cours de cette année 1812,  la mise en culture de 100.000 hectares de betteraves, la création de 5 écoles de sucrerie (dont une à Douai) et la distribution de 500 licences de sucreries pouvant produire au moins 10 tonnes de sucre.

Une première sucrerie à Bouchain, puis une autre à Denain

Selon André Jurénil, la première création d’une sucrerie aurait été menée en 1825 par Messieurs Dronsart et Fauville à Bouchain-Boucheneuil. La technologie repose sur la cristallisation de jus de betteraves, par emploi de chaux. D’autres sucreries s’ouvrent ensuite en 1826, à Famars par Henri Harpignies et Désiré Blanquet, en 1827 à Artres par Grar et Voog, en 1828 à Saultain par Amédée Hamoir, et enfin à Denain en 1829 à l’initiative de M. Gouvion-Deroy (dont la grande ferme se trouvait rue de Villars, non loin de l'ancienne Mairie). Une autre est créée par M.Béthune et Bruneau au hameau de la Rosière, au Bassin Rond (Bouchain). En 1833 est créée celle d'Abscon, par la famille Des Routours-Plichon(1), puis celle d'Escaudain, par M.Gosselin.

Ce sont des pionniers qui expérimentent, affinent les process et surtout favorisent, par leur démarche, la culture de la betterave presque inconnue à ce moment-là. En 1830, l’arrondissement de Valenciennes compte 415 hectares consacrés à la betterave. C’est 34 % des surfaces plantées de tout le département du Nord. Il s’y produit 5.000 tonnes de sucre.

abscon sucrerie2

Les ateliers Derosne et Cail équipent les sucreries

Cette activité, anime le génie inventif de Louis-Charles Derosne et de son collaborateur Jean François Cail. Ils conçoivent, et font breveter depuis leur atelier de Chaillot (Paris), de multiples innovations pour l’industrie sucrières portant sur les machines à vapeur, l'épuration des jus de betteraves, la clarification. Ils ouvrent le 14 octobre 1840 un vaste établissement à Denain qui fabrique nombre de ces équipements. Ce dynamisme se maintient durant près d’un siècle, fait de Cail l’un des leaders mondiaux dans l’équipement industriel des sucreries.

(1) Elle est reprise en 1905 par la famille Delloye.

couv21Retrouvez l'intégralité de ce texte dans le chapitre 11 du livre : "Denain Histoire d'un bassin industriel" (pages 175 à 187)

l'or blanc des sucriers.


lire aussi : Où acheter le livre "Denain. Histoire d'un bassin industriel". De 1820 à nos jours ?


Dudzinski150© Francis Dudzinski-Ozdoba. Passeur d'Histoire.

Guide-conférencier. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Sources : Archives personnelles,  Archives (ADN, CHM, AMT...), mes notes de lectures(*), mon livre "Denain et le Denaisis : Histoire d'un Bassin Industriel".

(*) Voir Bibliographie.